Général Jean-Marie Gontier

Le jeudi 6 février 2020 une délégation AET (Jean-Paul Martial, Alain Baudel et Jean-Pierre Pillard) a été reçue par le général Jean-Marie Gontier (Autun 80-83), commandant la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Après un accueil particulièrement chaleureux, Jean-Paul Martial a rappelé, en propos introductifs, notre souhait de mettre en avant la diversité des parcours des anciens élèves des lycées militaires. Notre camarade a donc répondu à nos questions avec comme fil rouge cette conviction profonde « rien par obligation, tout par conviction ».

Quels souvenirs gardes-tu de tes années passées au LMA ?

Bien que fils de sous-officier (mon père terminera sa carrière comme adjudant-chef à la BSPP), au départ, je n’avais pas l’envie particulière d’embrasser une carrière militaire. Cependant, au gré des mobilités familiales (Côte d’Ivoire à ce moment-là) j’ai passé le concours pour l’accès en classe de seconde dans un lycée militaire. Accepté sur Autun, charmante ville provinciale, j’ai découvert le Morvan, territoire qui me marquera par son caractère à forte authenticité. Le jour de la rentrée et après avoir pris congé de ma famille, je me suis retrouvé, avec une méconnaissance profonde de ce qui m’attendait, dans un cadre strict mais bienveillant et très bien organisé. Cette espèce de « bulle de protection » et la richesse que constituait la multiplicité des cadres civils et militaires (dont – à l’époque – les appelés scientifiques du contingent) permettait, si on acceptait « d’ouvrir son cœur et son âme » de percevoir la suite…

Hors de France depuis 1974, je découvrais aussi le climat local comme lors de ce jour de la fin octobre où, en plein cours et devant mon professeur de physique-chimie un peu décontenancé, je me précipitais à la fenêtre pour annoncer à mes camarades l’arrivée… de la neige ! L’autre impression restée dans ma mémoire c’est la solidité des amitiés scellées au sein du lycée militaire, du fait de la vie en collectivité et surtout de l’éloignement des familles avec des lieux de résidence excentrés pour la majorité d’entre nous. A une époque où les téléphones mobiles n’existaient pas, les relations avec la famille étaient ponctuées par un rituel d’échanges épistolaires où impressions et ressentis étaient retranscrits avec une profondeur porteuse de sens et plus puissante que la « parole immédiate.»

Avec son alternance d’activités intellectuelles et sportives, renforcées par les études surveillées, le rythme de travail constituait une formidable chaîne de motivation gommant peu à peu toute résistance vis à vis des études. Même sans s’en rendre compte cette dynamique positive permettait et permet toujours – c’est la force du modèle – de devenir meilleur et oblige chacun a progressivement sortir de sa « carapace ». Aussi, ce sens du collectif, de ne pas avoir peur de travailler en groupe, de privilégier le bien commun et l’intérêt général constituent le « fond de sac » de notre apprentissage au LMA.

Peux-tu évoquer les principales étapes de ton parcours depuis ta sortie du LMA ?

Après la terminale (et un bac B avec mention) j’ai choisi des études à dominante économique à la faculté de Paris I (Panthéon Sorbonne). Parallèlement à ma licence, j’ai réussi le DES (major au concours) permettant un accès direct à l’ESM de Cyr-Coëtquidan pour, finalement, préférer poursuivre mes études où après un DEA d’économie publique j’ai rejoint une filiale de la Banque Populaire. Rattrapé ensuite par les obligations du service national j’ai intégré la BSPP après une formation d’EOR et c’est là où un véritable déclic s’est opéré au gré des missions opérationnelles et des relations humaines avec, parallèlement, la réussite à un DESS de sciences politiques.

C’est aussi à ce moment qu’un chef de corps lui aussi « bienveillant » m’invita à intégrer le corps des officiers du génie via un dispositif législatif (article 15-3 de la loi « ad-hoc ») abrogé depuis. Activé officier sur titre et après un an d’école d’application, c’est le retour à la BSPP puis les cours de l’école de guerre (8° promo du CID), l’obtention d’un DEA de polémologie et une affectation au contrôle de gestion de la DSN (direction du service national) avant un séjour en OPEX (en Sierra Léone). S’ensuivirent une affectation au bureau des finances en 2004 puis comme chef du 1er groupement de la BSPP couvrant le département de la Seine-Saint-Denis (et une partie de Paris) avant une affectation comme directeur et chef de corps de l’Ecole Polytechnique durant quatre années où les fondamentaux acquis à Autun trouveront naturellement à être exploités : intérêt pour l’autre, rigueur, forte dose d’humanité. De retour à la BSPP je serais successivement affecté comme chef d’état-major puis comme responsable des ressources humaines, des finances et de la santé et, depuis le 30/11/2019, comme commandant de la BSPP. Travaillant actuellement beaucoup en interministériel, j’estime que le statut de militaire est protecteur, confortable d’exercice; il autorise un discours de vérité et apporte une plus-value étrangère à toute interférence politique avec ce souci constant de la neutralité, de la disponibilité et de la loyauté.

Quel message aimerais-tu adresser aux jeunes des lycées de la Défense ?

Finalement l’être humain n’a pas changé tant que çà, les déterminants de la fibre humaine sont les mêmes, il faut retrouver les fondamentaux acquis, se dépasser, savoir ce qu’on représente pour, finalement, trouver cet équilibre entre une juste estime de soi et le respect des autres. Cette promotion de l’effort, du sens de l’effort ne fait pas perdre son individualité, cette forme de particularisme même dans un moule qui peut certes modifier la recette ou le produit fini mais pas le sujet ! Et la synthèse de cette progressivité a débuté pour moi à Autun, il y a plus de quarante ans.

Que souhaiterais-tu dire au sujet de la BSPP ?

La BSPP que je dirige est une communauté d’hommes et de femmes de convictions avec 75% de recrues issus de province et 25% de l’Île-de-France. Les conditions d’exercice au sein de la brigade sont certes rustiques, abrasifs et exigent du courage mais avec une recherche de sens, un supplément d’énergie, consubstantiel au métier. Je suis donc très fier d’être au sein de cette communauté car si pour moi c’est l’histoire d’une vie, s’agissant de la BSPP, c’est l’alliance d’une longue histoire (création par Napoléon, il y a 209 ans, avec un recrutement initial de 250 membres prélevés au sein de la garde impériale), d’une forte expérience et d’un esprit novateur tourné vers la modernité et exclusif de toute logique industrielle.

Ainsi le « casque galet » conçu par la BSPP est aujourd’hui adopté dans 90 pays à travers le monde, les robots également conçus en interne ont démontré leur efficacité et sont désormais sollicités partout. De plus, nous bénéficions du formidable levier de créativité que constitue la plaque francilienne où foisonnent défis et projets (JO 2024, etc.). Forte de 8 500 personnels, la BSPP recrute 1200 jeunes par an (soit 1 candidat reçu sur 2) et accueille une jeunesse créative, dynamique. Elle reste productrice d’espérances avec de réelles opportunités de carrière: 50% des officiers sont issus du rang et la totalité des sous-officiers le sont avec une moyenne d’âge de 40 ans pour les officiers et 28 ans pour les non-officiers. 

Damien Baverel

L’association des AET rassemble des milliers d’adhérents. Nous avons décidé de partir à leur rencontre pour vous les présenter.

Nous remercions Damien Baverel, co-fondateur et dirigeant de l’entreprise YouAndBlockchain, qui a bien voulu répondre à nos questions.

 

QUELLE ÉCOLE AS-TU FRÉQUENTÉ ?

Je suis passé au lycée militaire d’Autun entre 1993 et 2001

 

TON MEILLEUR SOUVENIR ?

Je pense que c’est ce qu’il reste, après avoir vécu tous ces moments intenses dans nos institutions. C’est l’esprit qui en est né, qui nous a permis de graver ces souvenirs en nous et qui permet aujourd’hui aux plus jeunes de construire les leurs grâce à cet esprit d’Amitié et d’Entraide

 

POURQUOI AS-TU ADHÉRÉ À L’ASSOCIATION DES AET ?

Je me suis inscrit à l’association car c’est la suite logique de mon passage au LMA. Cela me permet de garder contact avec mes camarades, de partager avec d’autres générations car c’est à notre tour de montrer aux plus jeunes que les AET sont une grande famille inter-générationnelle avec des valeurs communes

L’association des AET rassemble des milliers d’adhérents. Nous avons décidé de partir à leur rencontre pour vous les présenter.

Nous remercions le capitaine Philippe, OSA du Lycée Militaire de Saint-Cyr, qui a bien voulu répondre à nos questions.

 

QUELLE ÉCOLE AS-TU FRÉQUENTÉ ?

J’ai eu la chance de fréquenter le lycée militaire d’Autun de 82 à 85

 

TON MEILLEUR SOUVENIR ?

Ils sont si nombreux, je pourrais écrire un recueil de souvenirs !
Je pense que la pierre angulaire de tous ces merveilleux souvenirs, réside dans la camaraderie et l’amitié qui régnaient entre nous et qui demeurent encore aujourd’hui, plus de trente plus tard !

 

POURQUOI AS TU ADHÉRÉ À L’ASSOCIATION DES AET ?

J’ai adhéré « pour garder le contact » avec mon réseau et l’étoffer et surtout parce que j’ai foi dans l’entraide !